La mort du service public

Lors de mes permanences en institution, je vois le service au public se dégrader de jour en jour, et j’en suis navrée. On a pris l’habitude de taper sur les fonctionnaires, mais je pense qu’il faut quelque peu nuancer et reconnaître qu’ils n’ont plus les moyens de remplir leurs missions. Et du coup, la motivation s’est grandement émoussée.

Lorsque j’entends des administrés me dire qu’on leur a proposé un logement social en échange d’un pot-de-vin, ça m’énerve. Et que dire de Pôle Emploi qui sous-traite toutes les missions qu’il doit remplir auprès de sociétés privées ? Il s’agit de faire du chiffre, un business lucratif et qui permet de ne pas s’attarder outre mesure sur la situation sociale de certains demandeurs d’emploi. Et quid du RSI qui extorque des « charges sociales obligatoires » aux indépendants en les laissant sur le carreau ? La négligence de l’État date de plusieurs décennies et ne peut désormais plus être compensée par les efforts déployés par les fonctionnaires.

Mais, ce qui m’agace aussi, ce sont les économies de bouts de chandelles faites dans les bâtiments publics : plus de papier dans l’imprimante, surcharge des demandes, non-remplacement des arrêts maladie et congés maternité, dématérialisation forcée et négation des contacts humains, rendement du service public …

On s’américanise, on se trumpise, et on perd toute notion d’humanité. C’est triste. Indignons-nous, comme l’a préconisé Stéphane Hessel, et cessons d’être résignés !

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>