L’écrivain public est mort…

Une de mes permanences d’écrivain public se déroule sans rendez-vous, et il y a toujours beaucoup de monde. La permanence dure trois heures et huit tickets sont généralement distribués. Il arrive que je puisse prendre plus de personnes, mais ce n’est pas toujours garanti.

Ce jour-là, alors que j’enchaîne les courriers, les recours, les contestations et autres résiliations depuis plus de deux heures, l’agent d’accueil m’avertit qu’une femme s’est présentée alors qu’elle ne fait pas partie de la commune ; elle me dit que cette personne ne trouve pas d’écrivain public pour l’aider. Je prends quelques minutes pour parler avec cette dame.

- De quelle commune venez-vous ?
- X. Il n’y a plus d’écrivain public.
- Ah bon !? Êtes-vous sûre ?
- Ah oui : à la mairie, on m’a dit qu’il était mort et que je n’avais qu’à me débrouiller. Je veux un écrivain public, même si je dois payer.

Les permanences que j’assure sont mises en place par les communes et sont gratuites pour leurs résidents ; en effet, je suis directement payée par la ville. Comme il s’agit de mon gagne-pain, il n’est pas envisageable que je travaille de façon bénévole. Aussi, lorsqu’un particulier requiert mes services, ils ne peuvent être gratuits. J’ai finalement proposé un tarif à cette dame et lui ai fait son courrier le lendemain, depuis mon bureau. C’est la première fois qu’un usager vient dans une de mes permanences pour me proposer de me payer hors de la permanence.

Et je viens d’apprendre que l’écrivain public n’était pas mort : il a seulement déménagé dans le sud de la France !

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